Lignes directrices du Comité permanent des établissements membres (Rev. 2014)

Lignes directrices du Comité permanent des établissements membres

(version révisée, mai 2014)

Table des matières

Avant-propos

La Société de musique des universités canadiennes (MusCan), autrefois Association canadienne des écoles universitaires de musique (ACEUM), a été fondée en 1965 afin d’établir une politique générale en matière d’éducation musicale au premier cycle et aux cycles supérieurs au Canada, et de permettre aux personnes qui enseignent la musique dans les universités canadiennes de se pencher sur leurs problèmes communs et d’échanger sur tous les aspects de leur domaine. La création de la Société avait notamment pour but de former, en milieu universitaire, une communauté de musiciens qui puissent se réunir comme tel, au-delà de leurs spécialités respectives – musicologues, ethnomusicologues, compositeurs, théoriciens, musiciens éducateurs, interprètes.

Le Comité permanent des établissements membres de MusCan, autrefois Council of Member Schools (Conseil des écoles membres), est chargé de renforcer et de maintenir la place de l’éducation musicale au Canada, notamment au sein des universités canadiennes.

Les présentes Lignes directrices procèdent de l’article 2(b) des Règlements généraux de MusCan, qui décrit deux types d’établissements membres :

2(b)i)   établissement membre à part entière, statut accordé à tout établissement offrant au moins un programme menant à l’obtention du grade de baccalauréat en musique ou à tout autre grade de baccalauréat avec majeure en musique, pourvu que le Comité permanent des établissements membres juge lesdits programmes admissibles. Les établissements membres à part entière disposent de tous les avantages liés à l’adhésion, y compris le droit de vote;

2(b)ii) établissement membre associé, statut accordé à tout établissement offrant des cours de musique de niveau universitaire qui ne remplit pas les conditions mentionnées à l’article (b) i) ci-dessus, mais qui est jugé admissibles par le Comité permanent des établissements membres. Les établissements membres associés disposent de tous les avantages liés à l’adhésion, à l’exception du droit de vote.

Les programmes offerts dans les établissements admis comme membre à part entière de la Société se conforment généralement aux présentes Lignes directrices. Le statut de membre associé est offert aux autres établissements où les cours en musique donnant droit à des crédits respectent les normes des programmes qui mènent à l’obtention de grades en musique. Les présentes Lignes directrices n’ont pas pour but d’énoncer des normes strictes ni d’empêcher un établissement d’adopter de nouvelles approches pour former leurs étudiants. La Société n’est pas un organisme d’accréditation.

Le présent document constitue une version révisée des Lignes directrices qui ont été adoptées par le Conseil des écoles membres en mai 1981.

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Section I : Programmes de premier cycle

A. Corps professoral

L’atteinte de normes élevées en matière d’enseignement et de recherche dépend notamment des qualifications du corps professoral et de charges de travail équilibrées. La formation, les connaissances pratiques et les aptitudes des enseignants influent sur la qualité de l’enseignement. Conjointement à leurs activités d’enseignement et d’encadrement des étudiants, les enseignants doivent disposer de suffisamment de temps pour maintenir leur niveau de compétences et se préparer adéquatement à leurs tâches d’enseignement. À titre de membre de la communauté universitaire, ils sont également tenus de se consacrer à la recherche ou à des travaux de création, telles la composition ou l’interprétation. De telles activités contribuent non seulement à l’enrichissement du savoir au sens large, mais à la qualité même de l’enseignement.

  1. Qualifications. L’ensemble des qualifications du corps professoral d’un établissement doit subvenir aux besoins de ce dernier en matière d’enseignement, de recherche et d’activités artistiques. Le degré de polyvalence et de spécialisation du personnel variera selon la taille des établissements et l’étendue des programmes qu’ils offrent. Les candidats aux postes d’enseignement doivent être titulaires d’un doctorat (ou l’équivalent) avec une spécialisation pertinente et posséder des aptitudes démontrées ou potentielles à l’enseignement. Dans certains domaines, notamment l’interprétation et la composition, les candidats peuvent justifier d’une formation autre qu’universitaire; cette formation sera jugée valide dans la mesure où elle correspond aux besoins particuliers de l’établissement. 
  2. Charge de travail. Les programmes d’études en musique présentent généralement un rapport étudiants-enseignant inférieur à ceux d’autres disciplines en raison des besoins particuliers de l’enseignement individuel ou en groupes restreints, surtout dans les domaines de l’interprétation et de la composition. Les enseignants en musique ne devraient pas être tenus de compenser cet écart par des charges de travail plus lourdes que celles des enseignants d’autres disciplines. Dépasser les limites raisonnables en ce sens réduit la possibilité d’exceller tant dans l’enseignement que dans la recherche, l’interprétation ou la composition. Les recommandations suivantes visent à favoriser l’atteinte de l’excellence en matière d’enseignement, de recherche ou de création dans le domaine de la musique : 
    1. D’ordinaire, une charge à temps plein ne devrait pas comprendre plus de neuf (9) heures de cours magistraux (ou l’équivalent) par semaine.
    2. Pour le calcul des charges liées aux tâches d’enseignement autres que les cours magistraux et les séminaires, nous recommandons la pondération suivante : 
      1. Deux heures de leçon individuelle en interprétation ou en composition équivalent normalement à une heure de cours magistral.
      2. Deux heures en classe d’ensemble ou deux heures de cours de direction ou de formation auditive équivalent normalement à une heure de cours magistral, mais des rajustements peuvent être apportés selon des facteurs comme la taille et le niveau de la classe, la taille de l’ensemble, son répertoire et le calendrier des prestations.
      3. La charge d’enseignement d’un enseignant qui occupe un poste administratif devrait être réduite en conséquence.

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B. Ressources matérielles

  1. Salles de classe. L’établissement doit disposer de salles de classe de dimensions variées. Si ces espaces servent également de salles de répétition pour des ensembles de chambre, ils doivent être équipés de chaises appropriées pour chaque fonction. Toutes les salles de classe doivent être bien insonorisées, et la température et l’humidité doivent pouvoir y être contrôlées. 

    Il importe que les salles destinées à l’enseignement de la musique soient plus grandes que les autres en raison de la présence essentielle de pianos et d’appareils audio. Un vidéoprojecteur, un écran et un lecteur vidéo de qualité doivent être disponibles. Une partie des tableaux doit être munie de portées musicales. Nous encourageons par ailleurs les établissements membres à doter l’ensemble ou une partie des classes de la technologie informatique actuelle, y compris l’accès à Internet (sans fil de préférence).
     
  2. Bureaux et studios d’enseignement. Des pianos et des appareils audio doivent être disponibles dans tous les bureaux et les studios d’enseignement. Ces derniers doivent également être munis d’appareils d’enregistrement. Le degré d’insonorisation de ces locaux doit favoriser un enseignement efficace, sans déranger les activités qui se déroulent dans les locaux adjacents. La température et l’humidité doivent pouvoir y être contrôlées. 

    Les studios d’enseignement doivent être considérablement plus spacieux que les bureaux ordinaires de manière à procurer une acoustique adaptée à la pratique de la musique, de même que l’espace nécessaire à un ou deux pianos et à divers appareils audio. Disposer de deux pianos dans les studios voués à l’enseignement de cet instrument permet non seulement d’économiser du temps pendant les leçons, mais s’avère essentielle à la pratique de la musique d’ensemble. Nous recommandons que ces locaux aient une superficie d’au moins 20 mètres carrés, voire plus si l’on y trouve deux pianos.
     
  3. Studio de travail pour les étudiants. Les installations doivent permettre à tous les étudiants en musique de travailler leur instrument au moins deux heures par jour. Les étudiants en interprétation devraient disposer d’un studio au moins quatre heures par jour. Dans chaque établissement universitaire, la proportion d’étudiants par studios de travail ne doit pas dépasser sept pour un. 

    Au moins deux tiers des studios doivent être munis de pianos, y compris quelques pianos à queue. Les pianos doivent être de bonne qualité; ils doivent être accordés et faire l’objet d’un entretien régulier. La superficie et l’acoustique des studios doivent être appropriées au nombre d’interprètes et d’instruments qu’ils sont censés accueillir. La superficie des studios munis d’un piano à queue devrait être d’au moins sept (7) mètres carrés. Tous ces locaux doivent être bien insonorisés, et la température et l’humidité doivent pouvoir y être contrôlées.
     
  4. Salle(s) de récital ou de concert. Il est absolument nécessaire que les départements, les facultés ou les écoles de musique disposent de salles de récital ou de concert adéquates. Les étudiants comme les enseignants doivent pouvoir se produire dans des lieux dont l’acoustique est appropriée. La qualité des instruments doit être propre aux concerts. Idéalement, chaque établissement devrait être pourvu d’une petite salle de récital pour les prestations solos et la musique de chambre, de même que d’une salle plus grande, dotée d’une conque acoustique, pour les prestations de grands ensembles.
     
  5. Salles de répétition. Si l’établissement ne dispose pas de salles de récital ou de concert permettant des séances régulières de répétition, il importe qu’une salle de répétition pourvue d’une acoustique satisfaisante soit mise à la disposition des étudiants. Les ensembles doivent pouvoir se réunir régulièrement chaque semaine. Si l’établissement partage des salles avec d’autres unités, le département, la faculté ou l’école de musique doit pouvoir les réserver en priorité. Un nombre suffisant de lutrins et de chaises doivent être disponibles dans les salles de répétition.
     
  6. Questions relatives à la santé et à la sécurité. Les ressources matérielles doivent être accessibles, sûres et sécuritaires, et doivent respecter les normes locales en matière de santé et de prévention des incendies. Les divers locaux doivent faire l’objet de traitements acoustiques appropriés à leur fonction musicale respective afin d’assurer la santé auditive et le bien-être des interprètes, du personnel et du public. De plus, tous les étudiants ainsi que tous les membres du corps professoral et du personnel d’un établissement offrant un programme en musique devraient être informés des questions de santé et de sécurité inhérentes à la pratique, à l’enseignement et à l’écoute de la musique, et ce, à la fois en général et en lien avec la spécialisation de chacun. Cela comprend, sans s’y limiter, de l’information sur la santé auditive, vocale et musculosquelettique, de même que sur la prévention des blessures et sur la manipulation de matières ou d’équipements potentiellement dangereux. Il revient à chaque établissement, en consultation avec des professionnels de la santé et de la sécurité, d’établir des méthodes appropriées pour gérer ces questions.
     
  7. Collection d’instruments. Les élèves qui suivent des cours d’instruments d’orchestre ou d’harmonie devraient posséder leur(s) propre(s) instrument(s). Cependant, dans le cas de prestation d’orchestre ou d’harmonie, l’établissement pourra juger nécessaire de fournir des instruments que les étudiants ne sont pas tenus de posséder eux-mêmes, que ce soit en raison de la grande taille ou de la diversité de ces instruments, ou parce qu’il s’agit d’un instrument secondaire pour l’étudiant (instruments de percussion, contrebasson, cor anglais ou clarinette basse, par exemple). 

    L’établissement devrait posséder une collection d’instruments destinés à l’enseignement des techniques instrumentales. Nous recommandons en outre que la plupart des établissements disposent d’un laboratoire doté de claviers électroniques pour faciliter l’enseignement de l’harmonie au clavier.
     
  8. Laboratoire de musique électroacoustique. Un laboratoire de musique électroacoustique est essentiel dans les établissements qui offrent une majeure en composition et fortement recommandé là où l’on offre d’autres majeures, notamment en théorie et en éducation musicale. Les changements rapides de la technologie nécessitent un financement continu tant pour l’acquisition du matériel que pour sa mise à jour.
     
  9. Services administratifs. Les établissements qui offrent des cours de musique gèrent beaucoup plus d’activités que les autres (répétitions, concerts et tournées, notamment). Pour diriger ces activités en plus des tâches administratives courantes, il importe que les bureaux soient adéquats et que le personnel administratif soit approprié.
     
  10. Ordinateurs. Les ordinateurs sont maintenant essentiels au travail du personnel administratif, des enseignants et des étudiants. Toute personne qui travaille ou étudie dans un établissement universitaire doit avoir accès à l’Internet, aux courriels, à des traitements de texte et à des logiciels de notation musicale.

    Les ordinateurs des bureaux administratifs doivent pouvoir être utilisés è tout le moins pour le traitement de texte, les bases de données, l’édition graphique, les tableurs et PowerPoint. Il importe également de se doter d’un logiciel de publication et de programmes qui permettent l’édition et l’impression de la musique. Des installations permettant l’impression de haute qualité sont aussi indispensables. Idéalement, les bureaux devraient fonctionner en réseau avec les installations informatiques centrales de l’université.

    Le personnel enseignant doit lui aussi avoir accès au traitement de texte et aux autres logiciels pertinents, y compris un logiciel de notation musicale, de même qu’à une ou des imprimantes adéquates, conformément à leurs besoins en matière d’enseignement et de recherche. Idéalement, chaque enseignant devrait disposer d’un ordinateur dans son bureau. L’accès à Internet et aux installations informatiques centrales est indispensable, dans la mesure où les infrastructures technologiques de l’établissement le permettent.

    Les étudiants doivent également avoir accès à des ordinateurs et à des imprimantes, sur place ou ailleurs sur le campus. L’accès aux ordinateurs est particulièrement important pour ceux qui étudient la composition et l’arrangement, ainsi que le traitement informatique de la musique et de la notation musicale, de même que dans les contextes d’enseignement assisté par ordinateur, en théorie musicale et en formation auditive notamment.

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C. Bibliothèque de musique

On ne devrait pas sous-estimer l’importance de la bibliothèque comme soutien au programme de musique. Le personnel enseignant possédant une expertise en bibliothéconomie et les bibliothécaires spécialisés en musique doivent investir les efforts et le temps nécessaires à la constitution et à la mise à jour d’une collection satisfaisante. Une bibliothèque de musique requiert en outre un financement hors de l’ordinaire qui permette l’acquisition :

  1. d’une vaste collection de partitions représentant un large éventail de musiques;
  2. d’une vaste collection de périodiques et de livres en théorie, en histoire et critique musicales, de même qu’en pratiques de l’exécution;
  3. d’une sélection judicieuse d’enregistrements sonores;
  4. d’une sélection de ressources vidéo adaptées aux programmes offerts;
  5. de moyens d’accéder en ligne à des périodiques, des livres et des enregistrements sonores et vidéo.

Les ressources disponibles doivent refléter directement le profil des programmes qu’offre l’établissement. Voici ce que nous recommandons tout particulièrement :

  1. Collection de partitions, livres, enregistrements sonores, vidéos et périodiques. La bibliothèque musicale de base (A Basic Music Library) telle que la conçoit la Music Library Association (MLA) (www.musiclibraryassoc.org/publications/basicmanual.shtml) constitue la norme minimale. Nous conseillons cependant aux bibliothécaires et au personnel enseignant d’adapter certaines recommandations de la MLA de manière à refléter plus adéquatement la situation canadienne; notons par exemple que la tradition des marching-bands est pratiquement inexistante au Canada. Le personnel et les publications du Centre de musique canadienne peuvent également fournir des conseils judicieux en matière de musique canadienne. 

    La collection de partitions forme l’essentiel de la bibliothèque musicale. Les étudiants doivent avoir accès à un vaste choix de partitions issues de toutes les périodes de la musique savante occidentale et, si possible, bénéficier d’un choix d’éditions. La présence d’œuvres de compositeurs canadiens est spécialement importante.

    La collection d’enregistrements sonores et vidéo doit refléter les meilleures prestations de musiques issues de toutes les périodes. Il importe que les enregistrements et les partitions soient situés à proximité les uns des autres pour permettre aux étudiants de les consulter simultanément. Les étudiants doivent pouvoir consulter les livrets d’accompagnement pour se familiariser avec les interprètes, les ensembles et les chefs d’orchestre. Des ressources sonores et vidéo en ligne doivent également être disponibles.

    L’étude de la musique requiert une quantité importante d’ouvrages de référence. L’infrastructure de la bibliothèque doit en outre permettre l’usage de plusieurs moteurs de recherche, dorénavant essentiels à la recherche. Les étudiants doivent aussi avoir accès à un service de prêts entre bibliothèques.

    Le personnel doit sélectionner des monographies et des livres sur la musique destinés à soutenir les programmes offerts. Ces ouvrages ne doivent pas nécessairement se limiter aux publications parues dans la langue d’enseignement.

    Les périodiques font partie intégrante de la bibliothèque de musique et doivent être sélectionnés selon le profil des programmes offerts. Pour soutenir un programme de premier cycle, la bibliothèque doit compter un minimum de 75 périodiques, sans nécessairement se limiter aux publications parues dans la langue d’enseignement. L’accès en ligne aux périodiques est désormais essentiel.

    Beaucoup de partitions et de livres relevant du domaine public sont disponibles en ligne. Ces ressources constituent un moyen relativement abordable de permettre l’accès à un vaste choix de ressources, tant pour les bibliothèques établies que pour celles qui disposent de moyens restreints.
     
  2. Salles et postes d’écoute. La bibliothèque ou le département de musique doit disposer d’une salle d’écoute insonorisée dotée d’écouteurs de haute qualité. Le nombre de postes d’écoute requis dépend notamment de la possibilité qu’ont les étudiants d’emprunter les enregistrements. On doit considérer la diffusion en flux continu comme une ressource indispensable, notamment là où l’accès aux enregistrements est restreint. Des postes de visionnement de vidéos sont également requis.

    Les salles d’écoute doivent être situées à proximité de la collection de partitions et d’enregistrements. Il est primordial d’assurer l’entretien régulier du matériel audiovisuel.
     
  3. Salles avec piano(s). La bibliothèque doit se doter d’au moins une salle avec piano(s) insonorisée, située à proximité de la collection de partitions. Beaucoup de documents ne seront sans doute pas offerts en prêt; ces documents, comme toute la collection, doivent pouvoir être consultés sur place dans une telle salle.

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D. Programmes de baccalauréat en musique

  1. Description et durée. Le baccalauréat en musique est un diplôme à finalité professionnelle. Beaucoup d’étudiants inscrits à des programmes menant au baccalauréat en musique visent à faire carrière comme musiciens professionnels et musiciens éducateurs; pour d’autres étudiants, le baccalauréat en musique sert à poursuivre des objectifs personnels ou éducatifs plus larges.

    Les programmes menant au baccalauréat en musique comportent des cours dans divers domaines (histoire et littérature musicales, théorie musicale et composition, formation auditive, interprétation), ainsi que des cours en lettres et sciences humaines ou en sciences. Normalement, 65 % à 85 % des cours portent sur la musique.

    Les programmes de baccalauréat en musique requièrent généralement quatre années d’études à temps plein. Aux fins du présent document, les deux années requises pour l’obtention du Diplôme d’études collégiales (nécessaire à l’admission à un programme de baccalauréat offert dans les universités québécoises) équivalent à la première année d’un programme de quatre ans.
     
  2. Conditions d’admission. Pour être admis à titre d’étudiant régulier au baccalauréat en musique, le candidat doit :
    1. manifester des aptitudes techniques et artistiques pour la musique et démontrer un potentiel dans ce domaine;
    2. posséder une bonne maîtrise des rudiments de la musique et des aptitudes suffisantes pour entreprendre des cours de théorie musicale et de formation auditive. Un candidat admis malgré des lacunes dans ces matières doit normalement suivre des cours préparatoires avant de s’inscrire aux cours de première année;
    3. satisfaire les conditions générales d’admission de l’établissement.
  3. Tronc commun. Les programmes de baccalauréat en musique comportent généralement un tronc commun qui représente approximativement la moitié du profil des études :
    1. trois ou quatre ans de cours individuels consacrés à l’apprentissage d’un instrument ou du chant (une heure de leçon par semaine, de préférence);
    2. trois ou quatre ans de participation active à un ensemble;
    3. trois ou quatre ans d’histoire et de littérature musicales, y compris dans le domaine de la musique canadienne;
    4. trois ans de matières théoriques, y compris l’écriture et l’analyse musicales, la formation auditive et l’étude des techniques d’écriture propres aux XXe et XXIe siècles;
    5. des cours d’harmonie au clavier pour tous les étudiants, de même que de rudiments du clavier, si nécessaire, pour les étudiants dont l’instrument principal n’est pas un instrument à clavier;
    6. des cours permettant d’acquérir une connaissance de base des technologies musicales.
       
  4. Concentrations. Les autres cours du baccalauréat en musique déterminent s’il s’agit ou non d’un programme avec majeure, concentration ou spécialisation. Si oui, nous recommandons que le minimum de cours de concentration requis soit le suivant, selon le domaine de spécialité :  
    1. Majeure en interprétation : environ un tiers du programme doit être consacré à des leçons individuelles d’instrument ou de chant et à des ateliers d’ensembles (y compris l’accompagnement et la direction d’orchestre). La majeure en interprétation requiert un minimum de quatre années d’études consacrées à l’instrument principal ou au chant. L’étudiant doit normalement présenter un récital public au cours de la dernière année du programme.
    2. Majeure en composition : environ un tiers du programme doit être consacré à des cours de composition et de théorie musicale. Ces cours doivent comprendre l’équivalent de trois ou quatre années de composition, y compris dans le domaine de la musique électroacoustique. L’étudiant doit normalement présenter des œuvres originales en concert au cours de la dernière année du programme.
    3. Majeure en théorie : entre un quart et un tiers du programme doit être consacré à des cours d’écriture et d’analyse musicales. L’étudiant doit normalement présenter un travail d’envergure dans le domaine de la recherche ou de l’analyse au cours de la dernière année du programme.
    4. Majeure en théorie et en composition : environ un tiers du programme doit être consacré à des cours d’écriture et d’analyse musicales. L’étudiant doit normalement présenter un travail d’envergure – travail de recherche ou œuvres originales en concert – au cours de la dernière année du programme.
    5. Majeure en histoire de la musique et en littérature musicale : au moins un quart du programme doit être consacré à des cours d’histoire et de littérature musicales, y compris un cours de bibliographie et méthodologie. L’étudiant doit normalement présenter un travail de recherche d’envergure au cours de la dernière année du programme.
    6. Ethnomusicologie / Études culturelles : au moins un quart du programme doit être consacré à des cours en ethnomusicologie, en anthropologie et en sociologie, y compris un cours de bibliographie et méthodologie. L’étudiant doit normalement présenter un travail de recherche d’envergure au cours de la dernière année du programme.
    7. Éducation musicale : La SMUC recommande fortement que la durée des programmes en éducation musicale menant à l’obtention d’un permis d’enseignement soit d’au moins cinq ans. Ces profils conduisent souvent à l’obtention de deux grades : le baccalauréat en musique et le baccalauréat en éducation musicale ou baccalauréat en éducation. Dans certains cas, l’étudiant termine d’abord le programme en musique. Dans d’autres, les deux diplômes sont obtenus conjointement à la fin de la cinquième année d’études. Dans les deux cas, au moins un cinquième du programme de cinq ans doit être consacré à des cours en éducation musicale (pédagogie musicale en général, techniques vocales et instrumentales, direction, notamment).
       
  5. Cours hors programme. Les cours hors programme constituent normalement 15 % à 35 % du profil d’étude. Certains de ces cours sont parfois obligatoires (on exige fréquemment l’étude d’une langue, maternelle ou seconde, par exemple), mais l’étudiant doit pouvoir choisir des cours qui correspondent à ses propres intérêts et à ses propres objectifs.

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E. Autres programmes de premier cycle en musique

Les programmes en musique menant à d’autres grades de baccalauréat (baccalauréats ès arts, baccalauréat en beaux-arts, etc.) varient considérablement. En général, l’interprétation n’y occupe pas une place aussi marquée que dans le baccalauréat en musique. Nos recommandations sont les suivantes :

  1. Dans les programmes de quatre ans menant à un baccalauréat ès arts (ou autres) avec majeure en musique (ou l’équivalent), environ la moitié du cursus devrait être consacré à des cours en musique.
  2. Dans les programmes de trois ans menant à un baccalauréat ès arts (ou autres) avec majeure en musique (ou l’équivalent), environ un tiers du cursus devrait être consacré à des cours en musique.
  3. Dans les programmes menant au baccalauréat ès arts (ou autres) avec mineure en musique (ou l’équivalent), environ 15 % à 25 % du cursus devrait être consacré à des cours en musique, selon la durée du programme (trois ou quatre ans).

Section II : Programmes d’études supérieures

A. Corps professoral

  1. Qualifications. Les enseignants aux études supérieures doivent être titulaires d’un doctorat (ou l’équivalent) dans une discipline pertinente et posséder une expérience probante d’enseignement dans leur champ de spécialité. Dans tous les domaines où un programme de doctorat est offert, l’enseignant doit être un chercheur, un compositeur ou un interprète de réputation internationale; il doit également posséder une expérience probante d’enseignement aux études supérieures.

    Dans les domaines de la musicologie et de la théorie musicale, l’enseignant doit posséder un dossier étoffé de recherche avec publications dans son domaine. Les enseignants en éducation musicale doivent posséder une expérience d’enseignement aux niveaux primaire et secondaire, de même qu’un dossier étoffé de recherche avec publications ou de services professionnels. Dans les établissements offrant un programme de doctorat en éducation musicale, il importe d’accorder une importance particulière au dossier de recherche et de publications. Dans le domaine de la composition, les enseignants doivent mener une carrière active de compositeur. Dans le domaine de l’interprétation, les enseignants doivent être des interprètes accomplis.
     
  2. Charge de travail. Des équivalences semblables à celles que nous recommandons au premier cycle sont pertinentes aux études supérieures. La supervision du travail autonome des étudiants de ce niveau devrait notamment être intégrée dans le calcul de la tâche d’enseignement. Le fait qu’un étudiant poursuive activement ou non des recherches et qu’il soit supervisé ou non pour le faire durant une année donnée influe sur la charge de travail qui sera attribuée à un enseignant.

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B. Ressources matérielles

Outre les ressources matérielles que nous recommandons pour les programmes de premier cycle, il importe d’assurer l’accès à des systèmes informatiques appropriés à la recherche. Les étudiants aux études supérieures auront également besoin d’espaces spéciaux pour leurs études et leur travail. L’établissement doit par ailleurs disposer de studios de travail adéquats pour les étudiants en interprétation et d’un studio de musique électroacoustique bien équipé pour les étudiants en composition.

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C. Bibliothèque de musique

La présence d’une bibliothèque de musique d’envergure est absolument essentielle dans les établissements offrant des programmes d’études supérieures axés sur la recherche. La bibliothèque doit comprendre une collection substantielle de revues savantes, d’œuvres complètes, d’ouvrages de référence, de monographies, et d’outils de recherche, y compris des moteurs de recherche en ligne, couvrant tous les domaines de l’érudition musicale. On doit également y trouver une importante collection d’enregistrement audio et vidéo reflétant la littérature musicale. La bibliothèque doit par ailleurs disposer du personnel et des fonds nécessaires au développement et à la mise à jour de la collection.

Les ressources de la bibliothèque doivent permettre de subvenir aux besoins des doctorants et des enseignants qui mènent des recherches dans les domaines de la musicologie et de la théorie.

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D. Maîtrise en musique

  1. Durée. Les programmes de maîtrise exigent au moins un an de résidence, pourvu que le programme du premier cycle préalable à l’admission comporte un niveau de spécialisation qui permet à l’étudiant d’entreprendre des études supérieures. Des périodes de résidences plus longues seront indiquées lorsque l’étudiant est tenu de suivre une formation préparatoire en plus de son programme d’études supérieures.
     
  2. Conditions d’admission. Les étudiants admis au programme de maîtrise en musique doivent manifester un talent exceptionnel dans leur champ de spécialisation et posséder un excellent dossier scolaire de premier cycle. Les candidats en interprétation sont tenus de se soumettre à une audition pour que l’on puisse évaluer leurs qualifications dans leur champ de spécialisation; les candidats désirant être admis dans d’autres disciplines doivent soumettre des travaux de recherches ou de création, selon le cas. Tous les étudiants admis à la maîtrise doivent être titulaires d’un diplôme de premier cycle dont le programme comporte une part substantielle de travaux dans le domaine de leurs études supérieures. Tous les programmes de baccalauréat préalables aux études supérieures en musique doivent comporter un tronc commun en théorie, en analyse, en formation auditive, en histoire et en interprétation qui correspond au niveau recommandé dans la section consacrée aux programmes de premier cycle. 
    1. Musicologie. Le programme de premier cycle préalable en histoire de la musique doit justifier d’une formation de base approfondie en histoire de la musique occidentale (toutes les périodes) et en techniques d’analyse, de même que d’une connaissance générale de la musique non occidentale. Ce programme doit également comporter des cours d’introduction en bibliographie et méthodologie, et en histoire culturelle, ainsi que des cours de langues.
    2. Théorie. Le programme de premier cycle préalable doit comporter des cours avancés de théorie, d’harmonie, de contrepoint et d’analyse, y compris dans le domaine de la musique contemporaine. Outre le développement des habiletés en écriture musicale, le programme doit assurer le développement des habiletés de recherche par des cours de bibliographie et méthodologie, et la rédaction de travaux dans le domaine théorique.
    3. Composition. Le programme de premier cycle préalable doit comporter l’étude approfondie de la composition et la réalisation par l’étudiant d’un corpus d’œuvres de formes variées, destinées à divers médias. Le programme doit en outre comprendre des cours avancés de théorie, d’harmonie, d’analyse et d’orchestration, y compris dans le domaine de la musique contemporaine, de même qu’au moins un cours d’introduction à la musique électroacoustique.
    4. Éducation musicale. Le programme de premier cycle préalable doit justifier d’une formation en techniques instrumentale et vocale, en techniques d’enseignement spécialisées en musique et en arrangement. Les candidats qui présentent une demande d’admission à la maîtrise en éducation doivent en outre posséder une expérience d’enseignement reconnue au niveau primaire ou secondaire.
    5. Ethnomusicologie / Études culturelles. Le programme de premier cycle préalable doit justifier d’une connaissance générale de la musique non occidentale. Le programme doit en outre comporter des cours d’introduction à la méthodologie, à l’histoire culturelle, à l’anthropologie et à la sociologie, de même que des cours de langues.
    6. Interprétation. Le programme de premier cycle préalable doit justifier d’une expérience substantielle de prestation en solo et en ensemble, de même que d’un répertoire instrumental ou vocal étendu. L’étudiant doit en outre avoir suivi des cours d’histoire, de théorie et d’analyse suffisamment avancés pour lui permettre d’entreprendre des études supérieures.
    7. Direction. Le programme de premier cycle préalable doit justifier d’une expérience de direction instrumentale et chorale. L’étudiant doit en outre avoir suivi des cours d’histoire, de théorie et d’analyse suffisamment avancés pour lui permettre d’entreprendre des études supérieures.
       
  3. Programmes. Tout en permettant aux étudiants d’effectuer des études avancées dans un domaine particulier, les études supérieures les préparent également à l’enseignement universitaire. Ces programmes doivent donc offrir aux étudiants l’occasion de développer leur plein potentiel dans leur champ de spécialisation et d’acquérir les connaissances nécessaires à l’enseignement universitaire. 
    1. Musicologie. Le programme de maîtrise en musicologie doit d’abord viser au développement des aptitudes de l’étudiant en matière de recherche et de communication des résultats, lesquels seront soumis sous forme de mémoire ou de plusieurs travaux. Le programme doit comporter des cours, des séminaires ou des rencontres individuelles qui permettent à l’étudiant de mener des études avancées en musicologie et de parfaire ses aptitudes à la recherche et à la rédaction. Une connaissance passive (lecture) de deux langues autres que sa langue maternelle doit être requise.
    2. Théorie. Le programme de maîtrise en théorie doit d’abord viser au développement des aptitudes de l’étudiant en matière de recherche et de créativité sur le plan théorique, de même qu’en matière de communication des résultats, lesquels seront soumis sous forme de mémoire ou de plusieurs travaux. Le programme doit comporter des cours, des séminaires ou des rencontres individuelles qui permettent à l’étudiant de mener des études avancées en théorie et de parfaire ses aptitudes à la recherche et à la rédaction. Une connaissance passive (lecture) de deux langues autre que sa langue maternelle est fortement recommandée.
    3. Composition. Le programme de maîtrise en composition doit d’abord viser au développement des aptitudes de l’étudiant en matière de créativité et de techniques compositionnelles. La démonstration des acquis doit prendre la forme d’un mémoire (œuvre originale accompagnée d’une analyse). Le programme doit également comporter des cours, des séminaires ou des rencontres individuelles qui permettent à l’étudiant de mener des études avancées d’harmonie, de contrepoint, de théorie, d’analyse, de musique électroacoustique et d’orchestration, notamment.
    4. Éducation musicale. Les programmes de maîtrise en éducation sont axés sur la formation professionnelle ou sur la recherche. Les deux types de programmes doivent comporter des cours consacrés aux outils et aux méthodes de recherche, et des cours, des séminaires ou des rencontres individuelles avancés dans des domaines particuliers de l’éducation musicale. Le programme axé sur la formation professionnelle doit comporter des cours consacrés à diverses techniques et méthodes d’enseignement de la musique, de même que des cours avancés d’interprétation, de direction, d’arrangement. Le programme axé sur la recherche doit d’abord viser au développement des aptitudes de l’étudiant en matière de recherche et de rédaction, aptitudes qui doivent être démontrées par la rédaction d’un mémoire ou de plusieurs travaux.
    5. Ethnomusicologie / Études culturelles. Le programme de maîtrise en ethnomusicologie doit d’abord viser au développement des aptitudes de l’étudiant en matière de recherche et de communication des résultats, lesquels seront soumis sous forme de mémoire ou de plusieurs travaux; une importance particulière doit être accordée au travail sur le terrain, ainsi qu’aux méthodes de collecte et d’archivage. Le programme doit comporter des cours, des séminaires ou des rencontres individuelles qui permettent à l’étudiant de mener des études avancées en ethnomusicologie et de parfaire ses habiletés en matière de recherche et de rédaction. La connaissance passive (lecture) d’une langue autre que sa langue maternelle est fortement recommandée.
    6. Interprétation. Le programme de maîtrise en interprétation doit d’abord viser à développer les aptitudes de l’étudiant en matière d’interprétation, ainsi qu’à enrichir son répertoire, de façon à lui permettre d’atteindre un niveau professionnel. Ce cheminement doit comprendre l’étude du répertoire et des pratiques de l’exécution des périodes historiques appropriées à l’instrument ou à la voix. Il importe également d’acquérir une connaissance approfondie de la musique contemporaine. Le programme doit comporter des cours, des séminaires ou des rencontres individuelles appropriées, de même que des leçons d’interprétation et des ateliers d’ensemble. Des prestations solos et en ensemble permettant de démontrer les habiletés du candidat en matière d’interprétation et de technique figureront parmi les exigences d’obtention du diplôme.
    7. Direction. Le programme de maîtrise en direction doit d’abord viser à développer les aptitudes de l’étudiant en matière d’interprétation, ainsi qu’à enrichir son répertoire, de façon à lui permettre d’atteindre un niveau professionnel. Ce cheminement doit comprendre l’étude du répertoire et des pratiques de l’exécution des périodes historiques appropriées, et ce, dans les domaines instrumental et choral. Il importe également d’acquérir une connaissance approfondie de la musique contemporaine. Pour atteindre ces objectifs, le programme doit comporter des cours, des séminaires ou des rencontres individuelles, de même que des leçons individuelles de direction et des ateliers d’ensemble. Des prestations appropriées permettant de démontrer les habiletés du candidat en matière d’interprétation et de technique doivent figurer parmi les exigences d’obtention du diplôme. 
       

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E. Programmes de doctorat

Un étudiant au doctorat ne peut entreprendre des recherches que si un professeur habilité à diriger sa thèse figure parmi les membres du corps professoral et que si les ressources de la bibliothèque lui permettent de poursuivre adéquatement des travaux dans son domaine de recherche.

Tous les programmes de doctorat doivent comporter des examens de synthèse qui permettent d’évaluer les connaissances générales en musique du candidat et de confirmer un haut niveau d’expertise dans son champ particulier de recherche.

Les thèses de doctorat en musicologie, en théorie et en éducation musicale doivent témoigner d’une recherche originale, être rédigées de façon satisfaisante et constituée une contribution significative au savoir. La thèse en composition doit prendre la forme d’une œuvre d’envergure, accompagnée d’une analyse écrite ou d’un autre type de travail théorique approprié. Les programmes de doctorat en interprétation doivent comporter une ou des prestation(s) instrumentale(s) ou vocale(s) appropriée(s) au sujet d’étude choisi par l’étudiant; celui-ci doit également déposer une thèse ou un travail d’envergure connexe.

Les jurys de thèses ou de prestations doivent se composer de professeurs issus de l’établissement où l’étudiant a poursuivi ces études, ainsi que de membres externes dotés de réputation internationale dans un domaine approprié.

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